SCSP-LEAK Saint André de Valborgne ( Échange de mails privés publiés sans l’accord de Michel.W )

FROM ERWAN TO MICHEL.W

Salut Michel,
j’espère que tu te remets de ton séjour à Alès et que tu as pu rentrer chez toi. Avec ma petite famille on a loué un gite deux nuits mercredi et jeudi vers Saint-André de-Valborgne au Pomaret,

On s’est baladé un peu dans les environs mais aussi chez les propriétaires qui m’avait parlé d’un problème de source d’eau qui se serait déviée, que les « anciens » utilisaient des « gourdes » creusées dans la montagne et qu’une queue de renard(???) aurait bouché un conduit.

J’avais lu que Borgnhia voulait dire cavité d’où sort les sources en occitan d’où le nom Saint André de Valborgne (SADV) mais une fois sur place cela m’a fait pensé à une ancienne mine ( mais je ne leur ai rien dit sans avoir ton avis ) Il n’y a rien de pointé au POMARET sur Vmap mais peut être que dans tes archives…

J’ai vu deux trous :

– Le premier c’est la photo Entrée1.jpg de belle réalisation en pierre de schiste (si je ne me trompe pas) d’une longueur de 25-30 mètres avec trois petits murets qui devaient retenir l’eau pour finir sur un puits vertical remontant ( possibilités de suite en haut ) ce qui me fait penser que c’était pour sortir du minerai et pas pour chercher de l’eau.

– Le deuxième semble être dans le même alignement mais plus haut dans la montagne ( mais pas très loin) Il est creusé à même la terre ( Entrée2.jpg ) a été dégagé, débroussaillé, par le propriétaire car il s’est dit qu’il y aurait peut être de l’eau.
La galerie est moins longue ( 8 mètres au pif ) et fini par un mur ( on dirait du ciment ). ( photo culdesac.jpg ) je pense à une galerie de mine condamnée.

Entrée
Cul de sac

Si tu as des infos ce serait super et si tu penses qu’il faut se renseigner plus ce serait super aussi, les propriétaires sont sympa et curieux d’avoir des informations ( et moi aussi ).
Bonne soirée.Et bientôt Erwan ++

REPLY FROM MICHEL.W TO ERWAN

Avé Erwan,

Mon petit stage du côté de la route de Salindres est terminé, heureusement, du moins j’espère. Dès le lendemain de mon retour (= hier !) nous sommes partis à Leucate comme chaque été.

J’identifie bien le site de Pomaret, 3 km et demi avant St André. Les publications du 19ème siècle y signalent  une source ferrugineuse connue sous le nom de Fònt de santat (source de santé) qui attirait certains jours plusieurs dizaines de personnes au début du 19èmr siècle ! N’es-tu pas tombé sur les aménagements de ce site signalé dans le valat du Lauzert, soit ~500 m en amont de Pomaret ? En tous cas les vieux doivent avoir un souvenir de cette époque en tradition orale et t’indiquer la localisation de ladite source.

In : STATISTIQUE GÉOLOGIQUE, MINÉRALOGIQUE, MÉTALLURGIQUE ET PALEONTOLOGIQUE DU DEPARTEMENT DU GARD par Emilien DUMAS. Deuxieme partie. A PARIS chez ARTHUS BERTRAND, 1876. P 32

Dans la commune de Saint-André-de-Valborgne, il existe près de Pomaret une petite source minérale, connue sous le nom de Font de Santé dont Montet, préparateur du célèbre Venel, professeur de chimie à Montpellier, a donné dans le temps une analyse détaillée9 . Il indique cette source comme thermale, mais la température, prise au mois de mai dans le sein même de la source, indiquait 11°25 centigrades. Cette source est ferrugineuse et contient probablement quelques sels magnésiens, on en faisait beaucoup usage autrefois ; elle est complètement abandonnée aujourd’hui.

9 Mémoire cité dans l’introduction, page XXXIII.

Réf : http://www.geolales.net/Dumas-pdf/chap-I_II.pdf


En tous cas, on a très certainement affaire à une « baume de l’eau », souvent qualifiée de mine d’eau ou de puits horizontal : la galerie clairement artificielle était destinée à recueillir le goutte à goutte des infiltrations en suivant une fissure (mini-faille dite caral = ornière), parfois même un vrai écoulement souterrain. Difficile pour moi de donner un avis sans voir : si le puits terminal est de forme régulière, cuvelé etc., il a été creusé depuis le haut mais s’il est très irrégulier, contient le plan de faille… c’est un fontis de voûte simplement déblayé.

Les deux autres photos correspondent également à des baumes de ce genre mais moins aménagées ; il en a été creusé des milliers dans la région entre 1850 et 1914. Le mur du fond peut correspondre à la fois à un réservoir et à une protection pour éviter que des animaux n’aillent souiller une ressource alimentaire précieuse.   

En effet, l’ancien occitan bòrnha (prononcer  borgnŏ) correspond au canal d’un aqueduc ; le diminutif bornèl  (bournel) est conservé au sens de conduite d’eau en français régional.

Je pense que les « gourdes » dont tu me parles sont surtout … tes oreilles ! car le mot que tu as entendu doit être « gourgue », dont le sens bien connu est celui de bassin-réservoir. Etymologiquement, l’oc. gorga est le féminin augmentatif de gorg, prononcer gour, mot qui désigne normalement un trou d’eau dans un ruisseau ou une rivière : du latin gurgus qui signifie et a donné gouffre et est passé en français spéléologique vers 1900.
La plupart des « gourgues » sont de simples « piscines » mais certaines peuvent être couvertes ou en partie souterraine.

Une « queue de renard » qui bouche un conduit, c’est un gros paquet de racines qui finissent souvent en plus par retenir de la terre etc .

Sur Vmap, il n’y a que ce que les spéléos y ont mis et comme au beau milieu des micaschistes cévenols ils ne sont pas bien nombreux !

Tu as quelques galeries pour le fer accessibles près de Saint-Roman de Tousque. Attention, celles ~1km au SO du village sont bien situées mais celles ~2 km au sud, près du mot Saint-Roman mal placée ; par contre les coordonnées données sur la fiche sont bonnes : elles sont à côté des précédentes.

Bien à toi

Michel

Mémo pour la détermination des chauves-souris en hiver

Je me permets de diffuser ce document car il est précisé « Toute traduction, adaptation à d’autres régions géographiques, utilisation ou reproduction dans un contexte d’étude des chauves-souris est vivement encouragée. »

Groupe de travail « chauves-souris » de l ’ asbl Natagora

Déménagement de la bibliothèque.

10 / 01 / 2020

« Cher bureau, l’opération « Carlos Ghosn » (exfiltration secrète de matériel) a débuté. Nous avons transféré environ 1/4 voire un tiers des archives et bibliothèque vers le local de l’OMS. Évidemment c’est la bazar pour l’instant. Mardi nous irons démonter les armoires et aviser du réaménagement. Nous ne sommes pas inquiets.

Plus d’infos au fur et à mesure.

Clément « 

CaC2 + 2 H2O → C2H2 + Ca(OH)2

Bon ok c’est cryptique, mais ça a longtemps été la base de la spéléologie. Il s’agit de la formule de la réaction qui, à partir des « cailloux » de carbure de calcium et d’eau, fournit de l’acétylène !

Aujourd’hui des batteries et des LEDs facilitent l’éclairage avec plus de lumière…

J’avais envie de tester l’acéto depuis un moment en conditions réelles et ce fut fait ce dimanche 16 février. Une petite dizaine de personnes réunies sous la pluie près de l’entrée de la Côtepatière, se mettant en tenue et ouvrait des bidons étanches de carbure, démêlant des tuyaux, versant de l’eau, et ça marche pas et c’est normal il faut attendre et… Et hop nous filons sous terre.

Au premier abord on se dit qu’on ne voit pas grand chose et c’est vrai qu’on voit pas grand chose ! Puis on se retrouve à plusieurs et là comme par magie on y voit bien ! L’éclairage n’est pas directionnel donc à plusieurs on pourrait se croire autour d’un feu.

Après quelques centaines de mètres premier arrêt technique, une lampe fonctionne mal, une fuite sur le tuyau !
Après quelques centaines d’autres mètres un atelier se met carrément en place près d’un petit gour. Couteau suisse, morceau de fil de fer, un bec bouché ou plutôt le coude sous le bec bouché puis à y être une seconde lampe passe entre les mains des mécanos.

Finalement tout le monde avait sa lumière.

Arrivé dans la partie mouillée de la cavités, un peu fatigués nous décidonc d’arrêter. Manu et moi continuons un peu et revenons retrouver le groupe, demi tour.

Sous la pluie nous nous changeons. Bon l’acéto c’est marrant, ça tient chaud, la lumière est chaleureuse mais on y voit pas des masses et niveau fiabilité c’est moyen. La prochaine fois on fera comme d’hab !

Source, Perte, Exsurgence et Émergence

POINTS GPS : Données CDS30
DÉFINITIONS et TEXTES : de Wikipédia
CARTE GOOGLEMAPS et mise en page : SCSP

Une exsurgence (du latin surgere qui signifie « se lever ») est l’exutoire d’écoulements souterrains qui proviennent de l’infiltration des eaux de pluies.

Ne pas confondre les mots « exsurgence » (avec un « s » après le « x ») et « exurgence ».
Le mot « exurgence », souvent employé à tort, suggère une sortie d’eau « puissante » ou « avec force ». Le mot « exurgence » n’est qu’occasionnellement employé dans des textes spécialisés d’hydrographie.
Il abonde, parfois d’une façon abusive, dans les rapports des spéléologues.

L’exsurgence se distingue de la résurgence (voir ci-dessous) dont les écoulements souterrains proviennent en partie de l’infiltration des eaux de pluies mais aussi d’un cours d’eau dont le parcours s’est d’abord fait en surface puis en profondeur à la suite d’une perte dans les cavités karstiques.
L’émergence est quant à elle un exutoire dont l’origine n’est pas connue.
Quelle que soit l’origine des écoulements souterrains, ces exutoires forment des sources dont l’eau provient d’un réseau hydrogéologique endogène d’un massif, généralement karstique.
Il existe également des exsurgences marines.

Résurgence
Une résurgence est une exsurgence alimentée en partie par au moins un cours d’eau de surface identifié dont une partie ou la totalité s’infiltre dans le sous-sol par une ou plusieurs pertes. Dès lors que la perte ou le réseau hydrographique de surface communicant a été mis en évidence par la visite ou la coloration, l’exsurgence devient une résurgence.

Puits artésien
Un puits artésien est une exsurgence formant un puits où l’eau jaillit spontanément ou par forage. Ce phénomène a été mis en évidence pour la première fois par les moines de l’abbaye de Lillers, en Artois en 1126, d’où son nom.

Traversée ARVA – Grotte Claire 8 octobre 2019

Ce 8 octobre 2019, une belle journée chaude nous accueille sur le plateau de Méjannes.

La grotte Claire est au programme, grande classique du secteur.

Nous sommes quatre, Magalie, Erwan, Kamel et Jean-Pierre.

Magalie et Kamel ne connaissent pas cette traversée et vont découvrir tous ses attraits.

L’entrée de l’ARVA a été équipée d’échelons métalliques, et un marche-pied en blocs de pierres favorise l’arrivée au plafond de la première salle.

Le sol n’est pas trop glissant en cette fin de sécheresse.

Nous suivons le balisage jusqu’au P7, où Kamel teste sa première descente sur corde.

Puis ressaut et petits passages bas, où le gour habituel est vide, permettant un ramping au sec.

La descente en main courante nous amène rapidement à la grande salle, où nous ne repérons pas de gaz carbonique, contrairement à certaines sorties.

La remontée en escalade le long des mains courantes nous permet d’admirer au plus près les très belles concrétions monumentales de cette cavité.

Nous arrivons à la première tyrolienne, dont la pente est si faible que Magalie n’arrivera pas ou bout et devra se tracter, petit poids oblige… Kamel, lui, va expérimenter l’étroiture de sortie, qui reste large mais oblige à se positionner correctement en travers du conduit.

Puis les galeries s’enchaînent avec un toboggan et l’on arrive à la deuxième tyrolienne. Cette fois le câble est plus pentu, Magali n’aura plus de problème mais Kamel fera un atterrissage un peu rude contre la paroi… C’est le métier qui rentre !

L’amarrage de la tyrolienne est très haut et le décrochage est un peu laborieux pour les moins de 1,80.

La pédale est alors bienvenue.

Plus que quelques mètres avant de ressortir par le magnifique porche de la Grotte Claire, et d’entamer la remontée vers les voitures, sans oublier la récupération de la corde du P7 dont Erwan et Kamel se chargent courageusement.

Le TPST a été de 2h30.

Rassemblement caussenard 2019

Organisé cette année par le département du Gard, il a eut lieu à Camprieu les 7 et 8 septembre, tout proche de l’Aigoual..

Camprieu, enfin plus exactement Saint-Sauveur-Camprieu, est célèbre car on y trouve le réseau de Bramabiau, berceau de la spéléologie depuis la traversée effectuée par Edouard-Alfred Martel et ses co-équipiers le 28 juin 1888. Entrés par la Perte du Bonheur (c’est le nom du ruisseau qui se perd sous terre…), ils ressortirent à l’Abîme de Bramabiau quelques centaines de mètres plus loin.

La spéléologie était officiellement née !

Le rassemblement caussenard, en terme de fréquentation, est le deuxième congrès spéléologique en France après le congrès annuel fédéral de Pentecôte. Il associe les quatre départements se partageant la région des Grands Causses, qui organisent chacun à leur tour le rassemblement : Aveyron, Gard, Hérault et Lozère.

Les visiteurs ont été plus de 600 cette année, venant de toutes régions.

Il y avait une vingtaine d’exposants, des expositions photos, des projections vidéos, et bien sûr des cavités équipées, sans oublier un repas de gala, un groupe musical rock, un bar et de la restauration rapide. Et 600 personnes auraient fait la traversée de Bramabiau à cette occasion…

En bonus, nous avons vu passer les cavaliers et leurs montures, qui participaient aux « 160 km de Florac », une course d’équitation en endurance tout terrain apparemment très réputée.

Une équipe de spéléos gardois s’est consacrée pendant 1 an à organiser cette manifestation. Sur place dès le mercredi (et même avant pour certains…), une trentaine de personnes ont œuvré sans compter pour monter toute l’installation, et la démonter après.

La SCSP était bien représentée dans cette équipe sur place : Cécile et Manu, les plus impliqués depuis des mois ont abattu un énorme travail. Ont également donné beaucoup de temps et d’énergie Jean-Louis, Jean-Pierre (qui tenait aussi le stand de la CoMed), Manuella (à l’accueil), Michel, Vincent.

Nous avons quand même eu le temps de visiter l’Aven de Montjardin, où Jean-Louis a repéré des traces de dinosaures au plafond de la première grande salle, non signalées jusque là et confirmées par Michel. Il faut quand même un œil exercé pour les voir, en éclairage rasant. Mais une fois identifiées, tout paraît évident, même aux profanes…

Cet aven est court, un P5 puis un P11 (départ un peu tordu, surtout pour la remontée…), on arrive dans une grande salle déclive, légèrement concrétionnée, aboutissant à un lac siphonnant. Notre visite s’est arrêtée là. Une remontée d’une dizaine de mètres à équiper à droite permet de shunter le lac et d’aller dans une deuxième grande salle en rééquipant la descente.

Cet opus caussenard de 2019 a été un vrai succès, d’autant que contrairement à celui organisé à Arre il y a 4 ans, submergé par un violent épisode cévenol, le temps fût au rendez vous, froid et venteux mais très beau et sans pluie.

Bon, maintenant on est tranquilles pour 4 ans…, enfin disons 3… !